Gestion informatisées des données

Le plus souvent, les données sont gérées par des logiciels. L’utilisation d’un logiciel, permet d’accéder plus facilement aux informations, de les faire vivre, de faire des transactions automatiques. Il existe essentiellement 3 niveaux de logiciel pour gérer les données techniques :
  • Base de données maison avec ou sans applications maisons,
  • Logiciel de gestion des opérations,
  • ERP intégrée.

Dans le premier cas, les données mémorisées sont celles dont on a besoin, puisqu’on les a définies pour cela. A priori, cela ne pose pas de problème. Malheureusement, souvent, ces logiciels ont vieilli et ne correspondent pas toujours aux besoins des entreprises.

Dans le cas de progiciel (logiciels achetés, soit spécifique à la gestion de production, soit des ERP), les tables ou fichiers sont définis comme un ensemble de « champs » ayant un nom, une description et une sémantique. La sémantique est souvent décrite par un texte explicatif, mais elle est surtout liée à l’usage de ce champ qui est fait par les programmes qui utilisent ces données. L'installation d'un logiciel gérant les données techniques passe par les étapes suivantes:

  • Choix des applications (modules) utilisés et en conséquences des champs de données à remplir,
  • Saisie des produits (Matière première, composants, nomenclature). On commence généralement par les matière première pour créer en même temps les liens de nomenclatures (les composants doivent exister pour créer le composé),
  • Création des postes de charges,
  • Création des Gammes et des opérations (les postes de charges doivent êtres définis).

Le paramétrage du logiciel commence par déterminer quels champs seront utilisés et quels champs seront oubliés. Ce choix est fondamental et demande de bien connaître les usages faits de ces données.

Fichiers articles

Les premières données à remplir sont les produits . En effet, ces données n’utilisent aucune autre information. Parmi les données a remplir, les plus classiques sont :

  • Quels produits identifier. Si l’organisation de l’atelier doit évoluer, il est important de faire les modifications avant de codifier les articles, de telle sorte que le travail ne soit fait qu’une seule fois,
  • Quel type de gestion pour chaque article (sur stock, sur point de commande, périodique, à la commande, etc...). Ce choix est fondamental, mais il est malheureusement souvent assez mal fait et surtout, personne ne saura le remettre en cause ultérieurement,
  • Selon le type de politique, les paramètres (quantité à approvisionner, point de commande, période, etc...) qui théoriquement demande de travailler sur un historique,
  • Le Lead TIME, qui est le temps global de production d'un lot de ce produit, incluant les opérations de production, de contrôle, les attentes, etc.

Le Lead time d'un produit A donné est utilisé pour que les applications faisant la planification de la production puisse positionner une date de début de production (et donc la date de réception des composants du produit) lorsque l'on souhaite une date de livraison d'une quantité donnée de ce produit A. Ce Lead Time est lié au produit ou article, donc il est donc indépendant du nombre de produits fabriqués. Cela peut paraitre étrange que l'on considère qu'il faille le même temps pour fabriquer un lot de pièces, quelque soit sa taille. Notons cependant :

  • Le lead time contient beaucoup plus de temps d'Attente que de temps de production. L'attente totale est elle-même souvent un multiple du nombre d'opérations,
  • L'habitude étant souvent de choisir un approvisionnement en quantité constante, on a souvent un lot de cette taille là.

Évidemment, le choix du type de gestion, des paramètres et du lead time sont fondamentaux pour le fonctionnement de toutes les applications de l’entreprise. Malheureusement, on trouve encore beaucoup d'entreprises qui passent peu de temps de réflexion pour remplir ces champs (voire les confient à des stagiaires qui les remplissent au mieux de leurs connaissances, puis disparaissent avec la justification de leurs choix). D'Autre part, des choix de quantités ou périodes fixes (souhaitées économiques)devraient évoluer au fil des ans et de l'évolution de la demande, alors que dans la réalité elles sont rarement mises à jour.

Lien de nomenclature

Une fois les produits créés, les liens de nomenclatures permettent de constituer les nomenclatures globales. Pour chacun des liens, on doit donner :

  • L'unité utilisé (unité, kg, cm, etc..),
  • La quantité de composant dans le composé,
  • Souvent une date de création ou de validité

Les données techniques sont des données importantes pour l'entreprise. La saisie d'une donnée peut déclencher plusieurs processus dans le logiciel: un erreur dans l'unité par exemple peut alors s'avérer lourde à corriger.

Postes de charges

Souvent, le terme poste de charge est utilisé, mais on peut trouver d'autre termes comme : ressource, machine, poste de travail,, etc. Dans tout les cas, il faut arbitrer ce que l'on va décider de déclarer dans le fichier. Pour chacune des ressources identifié, il faudra saisir:

  • Sa désignation,
  • Le nombre d'exemplaire,
  • Éventuellement un calendrier d'usage,
  • Quelque fois le taux de productivité (temps utile en % du temps total),
  • Souvent des informations relatives au coût horaire (pour pouvoir faire des devis).

Évidemment, si l'on décide de changer l'organisation industrielle et de passer d'une organisation fonctionnelle à une organisation en cellule, cela a des impacts sur la définition des postes de charges et peut remettre en cause un grand nombre de données.

Gammes et opérations

Une fois les produits, nomenclatures et ressources (postes de charges ou autre) créés, on peut créer les gammes. Généralement, l'identification d'une gamme est l'identification du produit suivi d'un numéro d'ordre (il peut y avoir plusieurs gammes associées au même produits). En règle général, une seul gamme est valide à un instant donné. En règle générale, les données saisies sont :

  • Nom de la gamme et période de validité,
  • Créateur de la gamme,
  • Pour chaque opération:
    • Le numéro d'opération,
    • Le poste de charge (souvent choisi dans une liste),
    • La durée opératoire (immobilisant la machine),
    • La durée de préparation (set-up),
    • Quelques fois des informations sur le nombre d'opérateurs utilisés,
    • Un plan d'opération ou une liste de consignes.
    • Etc. selon la complexité du logiciel.

Habituellement la codification des opérations se fait de 10 en 10, pour permettre d'en rajouter au besoin.

Ordres de fabrication

Les ordres de fabrication (OF) sont soit créés à la main, soit créés par un logiciel de planification. Ils correspondent à une décision de fabriquer un certain nombre de produit pour une date donnée. Les informations liés sont :

  • Numéro de l'ordre (généralement généré automatiquement),
  • Identifiant du produit (le plus souvent choisi au travers d'une liste),
  • La quantité à produire,
  • La date due (date d'échéance)
  • La date de début prévue,
  • L'état (proposé, confirmé, lancé, fini),

Généralement, au moment de la création d'un OF, on va dupliquer la gamme (celle valide au moment de la création de l'OF) pour associer une copie de la gamme à l'OF. De cette manière, si il y a des changements imposés (changer de machine parce qu'une machine est en panne, reprise d'une opération mal faite, etc.) on pourra altérer localement cette gamme sans toucher aux données techniques de l'entreprise. Dans les logiciels sérieux, on ne peut pas faire passer un OF à l'état "lancé" ou "en cours" si on ne dispose pas des quantités voulus de composants (données par la nomenclature). En revanche, certains logiciels permettent la mise à jour automatique des niveaux de stocks des composants (donc sans intervention manuelle) lors du lancement de l'OF (passage à l'état en cours).

Autres données

L'utilisation d'un logiciel va souvent permettre (ou demander) la création d'autres données plus variées, et souvent plus liées à la gestion globale qu'à la gestion des opérations :

  • Commandes clients,
  • Lignes de commande (une par article),
  • Bon de livraison,
  • Bons de sortie matière,
  • Etc.

Ces données sortent du domaine de la gestion des opérations.

PLM

Le Product Lifecycle Management est l'ensemble des outils permettant de gérer les données techniques d'un produit. Initialement, les données techniques sont gérées par deux familles de logiciels :

  • Les logiciels de DAO/CAO (Dessin Assisté par Ordinateur et Conception Assistée par Ordinateur), CAD/CAM e nanglais,
  • Les PGI (Progiciel de gestion intégéré, ERP -entreprise Resource Planing en anglais).
Petit à petit, pour les produits complexes, les enjeux des données techniques ont augmentés avec la gestion des versions, la gestion des options et des variations, le croisement entre électronique et mécanique (produits mécatroniques) au point que les logiciels de gestion de donnée stechniques sont devenus de plus en plus cruciaux et stratégiques. C'est l'émmergence des PLM. Plus d'information peuvent se voir sur le site de Wikipedia par exemple.