Flux poussé versus flux tiré

Passé la planification, il faut aller à la production elle-même. Le lien entre planification et production n’est pas aisé. Deux grands principes s’opposent : le flux poussé (par le plan) et le flux tiré (par le besoin).



En flux poussé, le plan prévisionnel est utilisé comme outil de mise en fabrication : on met donc en fabrication ce que l’on a prévu de faire, indépendamment du fait que les destinataires des produits planifiés soient à même de les utiliser. LE PLAN POUSSE LA FABRICATION.

En flux poussé, on peut théoriquement arriver à un niveau zéro de stock. Il suffit pour cela que le système soit parfait, et que le plan fasse en sorte que la quantité exacte de produits nécessaires arrive à son destinataire au moment exact ou il en a besoin. Le problème est que les quantités mises en fabrication dans le plan servent à couvrir plusieurs besoins différents : donc le flux poussé engendre souvent beaucoup de stock. D’autre part, même si le destinataire n’est pas en état de consommer les produits qui lui ont été envoyés, le système continuera à l’approvisionner si le plan l’a prévu.

En flux tiré, c’est la consommation d’un produit temporairement stocké qui déclenche son réapprovisionnement. Le flux tiré est donc une méthode qui ne fonctionne qu’avec un niveau minimal de stock. En flux tiré, le rôle de la planification n’est pas de déterminer ce qui sera effectivement produit, mais plutôt de déterminer les ressources à mettre en place pour être capable de produire ce que l’on planifie d’avoir à produire.

En flux tiré, le stock maximum est défini une fois pour toute et le système ne peut techniquement pas dépasser le niveau maximum prévu, quoiqu’il arrive.

Analogie

On peut prendre comme analogie le remplissage du réfrigérateur en fin de semaine dans une grande famille. On ne s’intéresse qu’aux produits de consommation courants, gérés « sur stock ». On exclut les produits périssables gérés « à la commande ».

La planification stratégique permettra de dimensionner le réfrigérateur, le congélateur et le placard de conserve en fonction de la taille de la famille, de la voiture, etc.

La planification tactique permettra, une fois par mois, de planifier le budget pour chaque repas du mois. Une des manières de faire, c’est de planifier chacun des repas, d’en déduire repas par repas les quantités de chaque produits « gérés sur stock » nécessaires. Sachant le stock initial (il suffit d’ouvrir le réfrigérateur, congélateur et placards) et la taille des lots (si les bouteilles d’huile font 2 litres, on en achète que lorsque la bouteille est vide), on peut calculer semaine par semaine les quantités de produits à acheter.



La gestion scientifique des stocks est l’ensemble des techniques et outils permettant de calculer quand et combien approvisionner (fabriquer ou acheter, selon les cas) lorsque les demandes individuelles ne sont pas anticipées (demande indépendante).

Globalement, on distingue deux grandes familles de problèmes :

  • Produits périssables, modèle mono-période : on doit approvisionner ou fabriquer un ensemble de produits pour une période donnée, sachant qu’il n’y aura pas de possibilité de réapprovisionnement (risque de manquer) et que les invendus sur la période seront perdus (risque de perte).
  • Produits non périssables, modèle multi-périodes. Les produits non consommés sur la période seront réutilisés sur la période suivante.

Les produits périssables concernent les produits alimentaires frais, les produits liés à des modes (habillement), à l’information (journaux, livres), à des dates de péremption (médicaments, produits alimentaires).

Les autres produits sont essentiellement des produits manufacturés, qui ont une durée de vie supérieure à la fréquence habituelle des réapprovisionnements (électroménager, composants mécaniques, matières premières, etc.).